Douleur persistante: comment s’orienter dans son parcours de soins en France
Vous souffrez depuis plus de 3 mois ? En France, la douleur chronique concerne plus de 12 millions de personnes, définie comme une douleur persistante ou se reproduisant pendant plus de 3 mois. Voici le parcours recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS, décembre 2024) :
Étape 1 — Le médecin traitant. Le premier niveau implique les professionnels de santé de proximité, notamment le médecin traitant et l'équipe de soins primaires, responsables de l'évaluation initiale et de l'orientation éventuelle vers des structures spécialisées. Tous les examens nécessaires doivent être réalisés.
Étape 2 — En cas de doute, un avis spécialisé. Lorsque la douleur persiste ou se complexifie, le patient peut être orienté vers les Structures Douleur Chronique (SDC) ou des services hospitaliers spécialisés, jusqu'aux Centres d'Évaluation et de Traitement de la Douleur (CETD), qui proposent une prise en charge multidisciplinaire intensive.
Étape 3 — Et si tout est normal ? Il faut alors penser à la douleur nociplastique : un 3ᵉ mécanisme reconnu par la classification IASP 2017, où le système nerveux central amplifie les signaux douloureux sans lésion tissulaire ni nerveuse identifiable, la douleur est réelle et invalidante, même si les examens sont normaux.
Bonne nouvelle : ces douleurs sont reconditionnables. La thérapie de reconditionnement de la douleur (pain reprocessing therapy), fondée sur la neuroplasticité et la sensibilisation centrale, montre dans des essais randomisés récents une réduction importante et durable de la douleur.
Ce n'est ni « dans la tête », ni un trouble psychiatrique : c'est un système d'alarme cérébral déréglé, qui peut réapprendre la sécurité.
Sources : HAS, "Parcours de santé d'une personne présentant une douleur chronique", déc. 2024 ; PubMed, "Pain reprocessing therapy", 2026 ; IASP 2017.