Dire non sans culpabiliser quand on est malade

Dire non est déjà difficile. Dire non quand on est malade l’est encore plus. Il y a la peur de décevoir, d’être perçu comme fragile, compliqué, peu fiable. Et pourtant, quand le corps est déjà en lutte, dire non devient parfois une nécessité vitale, pas un choix égoïste.

La maladie impose des limites qui ne se négocient pas. L’énergie est comptée, la douleur imprévisible, la récupération incertaine. Dire oui à tout, c’est souvent dire non à son propre corps. Mais la culpabilité s’invite rapidement. Elle murmure que l’on exagère, que l’on pourrait faire un effort, que les autres font bien plus. Cette voix intérieure est dure, et rarement juste.

Dire non n’est pas un manque de volonté. C’est un acte de lucidité. Cela signifie reconnaître ce que le corps peut et ne peut pas faire aujourd’hui, pas en théorie, pas « en temps normal », mais maintenant. Ce non-là protège l’équilibre déjà fragile. Il évite les crashs, les rechutes, les jours entiers passés à récupérer d’un effort de trop.

La culpabilité vient souvent du regard des autres, réel ou imaginé. On craint d’être jugé, incompris, mis à distance. Pourtant, ceux qui tiennent réellement à toi préfèrent un non honnête à un oui qui te fait du mal. Et ceux qui ne comprennent pas tes limites ne vivent pas dans ton corps. Leur incompréhension ne définit pas ta réalité.

Apprendre à dire non avec douceur mais fermeté prend du temps. Cela peut être simple, sans justification excessive. « Je ne peux pas aujourd’hui », « Mon corps ne me le permet pas », « J’ai besoin de préserver mon énergie ». Tu n’as pas à convaincre, ni à prouver ta souffrance. Ton ressenti suffit.

Dire non, c’est aussi dire oui à autre chose. Oui au repos, à la récupération, à la stabilité. Oui à la possibilité de faire encore quelque chose demain. Ce choix, même s’il est inconfortable émotionnellement, est une forme de respect profond envers soi-même.

Quand on est malade, dire non n’est pas une défaite. C’est une adaptation. Une manière de continuer à avancer sans se perdre. Et peu à peu, à force de poser ces limites, la culpabilité s’allège. Elle laisse place à une relation plus juste avec soi-même, où l’écoute du corps devient plus importante que le regard des autres.

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Créer une routine qui respecte la douleur